Mettre en place ou moderniser le système électrique d’un logement implique de connaître divers plans de montage de câbles. Allant du tableau de distribution aux interrupteurs différentiels, sans oublier les interrupteurs va-et-vient, les télérupteurs, les variateurs ou encore les délesteurs, chaque élément suit des règles spécifiques.
Pour naviguer à travers ces questions et faciliter les travaux d’installation ou de rénovation, nous vous présentons les principaux plans électriques d’une maison, allant du tableau de distribution aux prises RJ45, en passant par les différents dispositifs de commande, de régulation et de protection. Chaque plan est expliqué pour en saisir les principes avant de commencer.
Voici un conseil de notre expert chez Système D : « En électricité, le défi n’est pas le câblage lui-même mais la capacité à interpréter un plan. Le plan unifilaire montre une vue d’ensemble des circuits et protections ; le multifilaire illustre chaque fil pour un câblage précis ; le plan d’implantation positionne les équipements dans l’espace de la pièce. Confondre les deux premiers peut mener à des erreurs de branchement non conformes à la norme NF C 15-100.«
Sommaire
Le tableau de distribution, pivot central d’une installation électrique
Il est crucial de maîtriser les plans de câblage du tableau électrique résidentiel, souvent fournis par les fabricants de matériel renommés (comme Legrand ici). Nous rassemblons ici les principaux plans disponibles sur le site qui vous aideront dans vos projets d’installation.
Comprendre et interpréter le plan d’une installation monophasée
Le plan d’une installation électrique résidentielle débute toujours par le tableau de distribution, lieu de convergence de tous les circuits du domicile. La majorité des habitations disposent d’une alimentation monophasée, c’est-à-dire alimentée par un seul conducteur de phase, accompagné d’un neutre et d’une terre.
Ce plan électrique démontre les principes d’installation bénéficiant d’une alimentation monophasée d’au moins 18kVa, en accord avec les prescriptions de la norme NF C15-100. La norme NF C15-100 spécifie aussi les limites d’intensité du disjoncteur selon le diamètre du câble. Par exemple, un disjoncteur de 16 A est nécessaire pour un câble de 1,5 mm², 20 A pour 2,5 mm² et 40 A pour 6 mm² (voir le tableau de correspondance ampérage-diamètre sur le site Kelwatt).
Le tableau pré-assemblé, une solution pratique pour l’amateur
Pour le bricoleur, opter pour un tableau électrique pré-assemblé en début d’installation simplifie grandement la tâche! Les disjoncteurs, interrupteurs différentiels et bornes de connexion sont déjà montés selon un plan approuvé. Il suffit de brancher les circuits sortants sans craindre une erreur de câblage interne. Bien que cela représente un coût supplémentaire comparé à l’achat des composants séparés, le gain de temps est significatif. Cela assure aussi la conformité aux normes dès la mise en service. La procédure est identique que ce soit pour un tableau principal ou secondaire (garage, véranda, extension…).
Plans d’éclairage : interrupteur simple, va-et-vient et télérupteur
L’interrupteur simple et l’interrupteur avec témoin lumineux
L’installation d’un point lumineux commandé par un interrupteur simple repose sur un principe fondamental : la coupure doit toujours être effectuée sur le conducteur de phase. Deux fils partent de la boîte de dérivation vers la douille :
- le fil de phase (rouge, brun, noir ou gris — toute couleur sauf le bleu réservé au neutre et le vert-jaune réservé à la terre) passe par l’interrupteur où il est interrompu ;
- le fil de neutre (bleu) va directement à la douille.
Après avoir été interrompu par l’interrupteur, le fil de phase change conventionnellement de couleur (brun, noir ou gris). Un conducteur de terre doit obligatoirement être présent au niveau de la douille.
Quand l’interrupteur est installé hors de la pièce qu’il commande — comme pour un placard, un escalier de cave ou une salle de bains —, il est judicieux de choisir un modèle avec un voyant lumineux. Ce voyant s’illumine lorsque la lumière est activée, évitant ainsi d’oublier un éclairage allumé dans un espace inoccupé. Pour installer un interrupteur avec voyant, il est nécessaire de tirer un fil de neutre jusqu’à l’interrupteur, en plus du fil de phase habituel.
Le va-et-vient : commander l’éclairage depuis deux emplacements
Le va-et-vient est souvent vu comme un casse-tête pour l’électricien amateur. Toutefois, il suit une logique simple : permettre d’allumer ou d’éteindre un même point lumineux depuis deux endroits distincts (les deux extrémités d’un couloir, le haut et le bas d’un escalier). La différence avec l’interrupteur simple réside dans l’utilisation de commutateurs à deux positions, reliés par deux fils dits « navettes ». Le fil de phase entre dans le premier commutateur, les deux navettes assurent la liaison entre les deux commutateurs, et le circuit se termine côté douille.
Le va-et-vient avec témoin lumineux reprend ce même montage en ajoutant un fil de neutre vers l’un des commutateurs, dans les mêmes situations que pour l’interrupteur simple avec voyant : un escalier de cave dont l’un des points de commande est hors de la pièce éclairée, etc.
Pour aller plus loin : Plan de câblage d’un va-et-vient, comment installer et connecter les interrupteurs
Le télérupteur : contrôler l’éclairage depuis trois points ou plus
Lorsqu’il est nécessaire de contrôler un même point lumineux depuis plus de deux endroits, le montage en va-et-vient devient insuffisant. On utilise alors le télérupteur, un relais électromagnétique activé par des boutons-poussoirs. Chaque bouton-poussoir envoie une impulsion électrique au relais, qui bascule de l’état ouvert à l’état fermé. Le nombre de points de commande est théoriquement illimité, car chaque bouton-poussoir est simplement connecté en parallèle à l’alimentation du relais.
La tendance actuelle est d’intégrer le télérupteur directement dans le tableau électrique, sous forme de module encliquetable sur rail DIN. Cela simplifie le câblage, minimise l’encombrement dans les boîtes de dérivation et élimine le claquement caractéristique de l’appareil, parfois audible dans les pièces à vivre lorsque le télérupteur est installé en saillie.
À lire aussi : Contacteur EJP, plan de câblage
Intégration du télérupteur au tableau électrique
La tendance actuelle est d’intégrer le télérupteur au tableau électrique, ce qui simplifie l’installation et surtout évite le bruit de fonctionnement caractéristique de l’appareil dans une pièce à vivre.
Plans des circuits d’alimentation d’une minuterie et d’une sonnerie intégrés au tableau électrique
Minuterie intégrée au tableau électrique, alliée des économies d’énergie
Longtemps délaissée au profit du télérupteur, la minuterie connaît un regain d’intérêt dans un contexte de maîtrise de la consommation énergétique.
Son principe est simple : elle coupe automatiquement l’alimentation d’un circuit d’éclairage après un délai réglable, sans qu’il soit nécessaire d’agir sur un interrupteur. Elle est particulièrement adaptée aux parties communes, aux garages ou aux couloirs, où l’oubli d’extinction est fréquent.
Autrefois installée en applique murale, la minuterie se présente aujourd’hui sous la forme d’un module à enclipser sur rail DIN, directement intégré au tableau électrique aux côtés du télérupteur ou du délesteur. Le câblage est proche de celui d’un interrupteur classique, avec en plus la gestion du temporisateur intégré.
Sonnerie intégrée au tableau électrique
Plutôt que d’installer un carillon autonome près de la porte d’entrée, il est possible de placer le module de sonnette directement au tableau électrique, comme n’importe quel autre équipement modulaire. Le bouton de sonnerie extérieur est connecté par un câble de faible section jusqu’au module, qui gère le signal sonore ou lumineux. Cette solution centralise le câblage et facilite la maintenance ou le remplacement de l’équipement.
Plans d’installation d’un variateur pour moduler l’intensité lumineuse
Installation d’un variateur simple pour moduler l’éclairage, en remplacement d’un interrupteur
Le variateur d’intensité est devenu un dispositif essentiel dans toutes les pièces de la maison où il peut être utile de moduler l’éclairage. C’est notamment le cas dans le salon, la salle à manger ou dans une chambre. Le branchement n’est pas radicalement différent de celui d’un interrupteur.
Plan d’installation d’un variateur en remplacement d’un va-et-vient
Il est possible de remplacer les deux commutateurs d’un montage en va-et-vient par des variateurs, pour obtenir une commande de l’intensité lumineuse depuis deux points distincts. Ce montage est plus délicat que le remplacement d’un interrupteur simple, car il nécessite une attention particulière au câblage des navettes et à la compatibilité des deux variateurs entre eux. Les fabricants proposent des kits « maître-esclave » conçus pour cette configuration.